"Les russes nous ont longtemps caché la catastrophe de Tchernobyl"
- Puech Jérôme

- 28 avr.
- 2 min de lecture

40 ans après, Iryna, une nîmoise d’origine ukrainienne témoigne de la catastrophe de Tchernobyl (26 avril 1986). Elle vit à Nîmes depuis presque 10 ans. Âgée de 47 ans, elle est maman de trois enfants et est mariée à un français.
Quels souvenirs gardez-vous de Tchernobyl ?

Iryna Puech : Je vivais avec ma famille à Kirovograd à 300 km de Tchernobyl et je n’avais que 7 ans. Un de nos voisins était pompier. Il est intervenu deux semaines après la catastrophe. Ce qui a marqué les esprits c’est que le pouvoir russe de l’époque a longtemps caché la catastrophe et sa gravité. Le 1er mai suivant tous les habitants de la région étaient obligés de défiler pour le 1er mai. Ceux qui tentaient de s’y soustraire étaient licenciés ! Mes parents m’ont envoyée en vacances au bord de la mer chez ma tante dans la région de Kherson pour éviter les radiations.
Comment le monde a-t-il appris l'existence de Tchernobyl ?

Aucun rapport n'a été publié avant le troisième jour suivant l'explosion de Tchernobyl. Les autorités suédoises ont alors établi une corrélation entre une carte des niveaux de radiation élevés en Europe et la direction des vents, et ont annoncé au monde entier qu'un accident nucléaire s'était produit quelque part en Union soviétique. Mais à notre niveau, l'ampleur de la catastrophe nous est parvenu que très tard.
Quelles étaient les conséquences sur la population ?
Ce qui était frappant c’est que les femmes enceintes de 8-9 mois ont été obligées d’avorter. Beaucoup de cancers de la thyroïde sont apparus parmi les populations les plus exposées.
40 ans après que retenir de cette événement ?
Je recommande la série « Chernobyl » en 5 épisodes qui retrace les moments clés de la catastrophe et fait preuve d’un grand réalisme. En tant qu’Ukrainienne je suis attachée à la séparation avec le régime communiste de la Russie (24 août 1991). Tchernobyl a été un accélérateur de cette indépendance de mon peuple.
Plus récemment, le début de la guerre (débutée en février 2022) a été l’occasion de voir les russes bombarder la centrale nucléaire protégée par un dôme ou de tenter d’en prendre le contrôle (NDLR : sous contrôle ukrainien à ce jour). Cela relève de l’inconscience pure pour la sécurité des Ukrainiens mais aussi celle des européens !


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